a. Applications des virus
On entend fréquemment parler des virus
informatiques dans la presse, mais on mesure rarement l’ampleur du phénomène
virus à travers ce brouillard médiatique. Au demeurant, le virus est présenté
comme un objet dangereux, et on oublie souvent que la technique du virus peut
également servir dans un but bénéfique.
Actuellement, les virus sont un danger réel
et de nombreuses entreprises ont subies des pertes à cause d’eux. La technique
virale est en effet idéale pour un programmeur mal intentionné souhaitant
s’infiltrer dans un système informatique. Des tentatives ont été faites pour
chiffrer précisément les pertes des entreprises, mais elles se heurtent à leur
mauvaise volonté. En effet, les entreprises rechignent à avouer la faiblesse de
leur protection informatique, et essayent donc souvent de cacher leurs
éventuels problèmes. Au demeurant, les virus ne sont pas le principal danger
informatique qu’elles doivent affronter. Elles tentent avant tout de se
protéger des attaques des pirates informatiques, qui tentent de pénétrer dans
leur réseau pour y voler de l’information. Pour cela, la stratégie est
d’assurer une meilleur intégrité au réseau local de l’entreprise, ce qui de
surcroît le protège des virus. Il reste alors le danger résiduel et anecdotique
de virus implantés volontairement, et dans un but destructeur, par un employé
de l’entreprise. Il existe donc des mesures contre le danger des virus, mais il
semble qu’elles ne soient appliquées que localement, si bien qu’une partie des
entreprise et la majorité des utilisateurs particuliers sont exposés. Ce sont
autant de clients potentiels pour l’industrie des antivirus, qui est
particulièrement fructueuse.
Figure 7 : Nombre d’infections par milliers d’ordinateurs et par mois
entre 96 et 97.
Sondage de la
NCSA.
La figure 7 est
extraite d’un rapport officiel de la NCSA (National Computer Security
Association), paru en 1997 à la demande d’un regroupement de grandes
entreprises du secteur informatique. Cette figure montre que la proportion
d’ordinateurs infectés dans le parc informatique des entreprises a doublé entre
février 96 et janvier 97.
Cependant, on a
tendance à oublier que la technique des virus pourrait également être employée
à des fins bénéfiques. Comme nous l’avons étudié, la force du virus vient de sa
capacité fondamentale à se reproduire de façon autonome et sans intervention de
l’utilisateur. Il est donc tout indiqué pour certaines taches utiles, comme
celles décrites dans la partie 1.5. sur les charges virales. Il est à souhaiter
que la technique du virus perde son aura maléfique et marginale, pour que l’on
voit se développer de telles applications.
b. L’escalade technique entre virus et antivirus cessera-t-elle un
jour ?
On se rend
compte à travers cet exposé qu’on assiste à une escalade sans fin dans les
techniques virales et antivirales. Les programmeurs des deux bords développent
des trésors d’imagination, et rien ne permet de dire s’il sera possible
d’écrire un jour un virus totalement indécelable, ou un antivirus parfait. Il
faut donc s’attendre à voir ces techniques s’enrichir de plus en plus, jusqu’à
atteindre des limites de complexité où un programmeur ne pourra plus écrire un
virus seul.
On peut montrer
mathématiquement qu’un scanner parfait ne peut exister. Il s’agit d’une
démonstration par l’absurde supposant l’existence d’un tel scanner, puis
construisant un programme utilisant cette fonction scanner et qui aboutit à la
contradiction.
Ainsi, un
scanner ne peut fondamentalement pas détecter tous les virus. D’autre part,
nous avons vu qu’un contrôleur d’intégrité et un moniteur de comportement
doivent attendre l’exécution du virus pour le détecter, ce qui est dangereux
puisque le virus peut, avant sa détection, prendre des mesures répressives qui
empêcheront justement sa détection. A long terme, ce sont donc les antivirus
utilisant les analyses heuristiques et spectrales qui ont les meilleurs
perspectives d’avenir, et il faut s’attendre à les voir de plus en plus
employés.

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